vendredi 13 avril 2018

Station : La Chute - Al Robertson


Bien que je ne sois pas un inconditionnel de la mouvance cyberpunk, je guettais avec impatience la sortie de Station : La Chute, premier roman d'Al Robertson. Malheureusement, le prix exorbitant du fichier numérique, 17,99 € a douché mon enthousiasme (à noter que le prix est passé à 15,99 € ces jours-ci !). J'avais donc fait une croix sur ce livre jusqu'à ce que Babelio, lors de son opération masse critique, le propose à ses lecteurs. J'ai tenté ma chance et me voilà l'heureux possesseur du roman (petit aparté à l'attention de l'éditeur, s'il passe par ici, le fichier numérique à 60 % du prix du grand format soit environ 14 €, j’achète. Et c'est valable pour la quasi-totalité de la collection Lunes d'Encre).

Mais revenons au roman...

La première incursion dans l'univers d'Al Robertson est ardue. J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois sur certaines phrases pour comprendre où l'auteur voulait en venir et de quoi, de qui il parlait. Est-ce le style, l'univers ou le lecteur qui posait problème ?! Je ne sais pas... mais toujours est-il que ce sentiment s'est effacé assez rapidement et que j'ai pu me plonger complètement dans la vie de Jack Forster à bord de Station, un immense complexe spatial où vivent la plupart des humains après la destruction de la Terre. La Terre devenue inhabitable après la Guerre Logicielle qui a opposé les Intelligences Artificielles (IA) du Panthéon à celle de la Totalité. Pour faire simple, le Panthéon regroupe des IA considérées comme des Dieux par l'humanité. Ultime incarnation des multinationales terrestres, elles dirigent Station. Et la Totalité sont des IA rebelles disséminées un peu partout dans l'espace.

Jack est un personnage à part, tout d'abord parce qu'il a participé à la Guerre Logicielle pour le Panthéon avant de déserter et de pactiser avec la Totalité, ce qui lui a valu quelques années de prison. Et surtout il est le dernier humain à posséder une "marionnette", un IA de combat logiciel greffé dans son cerveau nommé Fist. Le couple Jack/Fist étant lié d'une bien étrange façon...

La force de ce roman est sans conteste le background. C'est très visuel et parfois innovant. Une fois lu les premières pages, un peu déstabilisantes, c'est du velours, tout coule tout seul. Les nombreux flash-back permettent de mieux appréhender Station et l'univers qui l'entoure.  Un vrai plaisir de lecture, où se mêlent humour et découvertes.  

L'intrigue n'est pas en reste non plus, bien que très classique : un polar avec son lot de crimes, de mensonges ou de faux-semblants. Cela peut sembler banal mais quand ce sont des IA qui sont à la manœuvre et que celles-ci sont élevées au rang de Dieu, le polar prend une autre envergure.

Et cerise sur le gâteau, le duo marionnettiste/marionnette que forme Jack et Fist est juste excellent, drôle, caustique, délirant, touchant, émouvant... on adore et/ou on déteste ce duo !

Seul petit bémol, parce qu'il fallait bien en trouver un. La séparation entre réel et virtuel n'est pas toujours nette et parfois l'auteur nous sort quelques artifices un peu faciles pour retomber sur ses pieds.


Pour conclure, Station : La Chute est un roman qui se mérite, pas forcément facile d'accès (surtout pour ceux qui n'auraient jamais mis les pieds dans le monde 2.0) mais qui est un régal une fois que l'on est connecté. Ça se lit comme un thriller, peu de temps mort, un background à couper le souffle et de bonnes idées en pagaille. Bref, le roman qui marquera cette année 2018... (et dire que j’ai failli ne pas le lire !) 




Des avis assez unanimes que l'on peut lire chez Lune, Lorhkan, Lutin, Samuel...

2 commentaires:

  1. J'ai lu quelques pages il y a quelques jours (décidément, nos lectures se croisent) mais arrêté, ce n'était pas le bon moment pour moi. Il reste au chaud dans ma liseuse, en gardant en tête de persévérer.

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    1. Il m'a fallu une trentaine de pages pour bien m'imprégner de l'ambiance, après c'est du plaisir.

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